La migration hivernale des princes charmants

On le reconnait à ses beaux yeux et ses pupilles horizontales de couleur cuivrée.

On le croise à la tombée de la nuit sur un petit chemin en herbe ou à la sortie du bois.

Il est très aimé des jardiniers et des belles endormies.

C’est le Crapaud commun, Bufo bufo de son nom scientifique, mais, à moins qu’on ne l’embrasse sur la bouche, ce crapaud n’est pas très romantique avec la femelle de son espèce.

Voilà son histoire.

Il était une fois….

Un crapaud commun…non, des centaines de crapauds communs passant l’hiver dans la forêt.

Vers la fin février, ceux-ci sortent du bois pour rejoindre les points d’eau qui les ont vus naître (légende ou vérité ?). La période de reproduction étant courte, la migration s’effectue en masse, dès la tombée du jour jusqu’au milieu de la nuit.

Le crapaud est peu apte au saut ni à la marche rapide. Pour rejoindre la zone de ponte, le mâle, plus petit, se permet très souvent de monter sur le dos d’une femelle et de s’y accrocher grâce à des callosités nuptiales. Mais ce service de transport peut se terminer en « crapaucide » lors de la phase d’accouplement dans l’étang. Assaillie par de trop nombreux prétendants à la fécondation, la femelle peut en effet être noyée sous leurs poids !

On peut rêver mieux comme Prince Charmant…

Pour les survivants, la fin de l’histoire d’ailleurs n’est pas toujours « ils vécurent heureux et eurent de nombreux petits » car les chevaliers médiévaux ont largement été remplacés par les as des 5-chevaux.

Dans le tournoi qui affronte « Princes Charmants sans armures » et « Pare-chocs CEE-R42 », le premier se retrouve toujours à tapisser le bitume…Quand des routes traversent les voies de migration, la mortalité est alors très importante et peut entrainer l’extinction de certaines populations. Or, ce crapaud, très sensible à l’altération de son habitat « mosaïque », est strictement protégé en France et en Europe (Convention de Berne).

La nuit, à proximité des “routes à batraciens”, conduire à vitesse réduite (moins de 30 km/h), permet d’éviter que les batraciens ne soient aspirés et projetés vers une mort certaine contre le soubassement des véhicules.

Pendant les deux derniers hivers, il a été constaté un phénomène important de migration très localisé sur la commune de Saint-Georges-de-Didonne et une « Opération de sauvetage du Crapaud commun», coordonnée par le Parc de l’Estuaire, est envisagée du 25 février au 31 mars 2012.

Le long de la route, au niveau du couloir migratoire, une barrière (bâche plastique) de 50 cm de hauteur environ, infranchissable par les amphibiens, est érigée. Ceux-ci la longent dans l’espoir de la contourner et tombent dans des seaux enterrés. Les amphibiens ainsi capturés sont récupérés et transportés manuellement de l’autre côté de la voie tous les matins, au lever du jour.

Si vous êtes intéressé par l’ « O.S.C.C. » (en attente d’autorisations au 07.11.11), contactez le Parc : les « passeurs » bénévoles seront bienvenus…et qui sait, peut-être, dans la froidure de l’aube, vivrons nous des instants vraiment magiques ?

Estelle Gironnet

Le Parc de l’Estuaire, 47 ave Paul Roulet- 17110 Saint-Georges-de-Didonne

Tel : 05 46 23 77 77 info@leparcdelestuaire.com

Article paru dans le journal Escale de la Ville de Saint-Georges-de-Didonne

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